Pimp's Travels.

Pictures & texts by Gregory Jaucot
PRAGUE
Photo : Eglise Notre-Dame de Tyn
Dobrý den, jak se máš?*   Ah, oui. N’espérez en effet en aucun cas saisir les subtilités de l’idiome de Kafka de manière innée. Si l’Italien vous alpague joyeusement à la mélodie du He ciao amico come va?, le Tchèque vous toise de son oeil borgne et éructe un Krèten,vstupenky prosím!** dont ni la calligraphie, ni la mélodie ne vous permet de saisir un once de sens commun. Et c’est parfois tant mieux. Heureusement pour les touristes, la plupart des indications sont traduites également en anglais (parfois tout aussi approximatif…).
Première étape à ne pas manquer: la vieille cité et sa Place de l’hôtel de ville. On y retrouve, entourée d’une multitude de façades pastel, l’éminente horloge astronomique qui fait la fierté des Praguois. Bon, en soi, c’est moins freaky awesome que Big Ben niveau taille et charisme général. Cependant, le mécanisme curieux de la structure pousse le visiteur lambda à s’arrêter quelques temps devant le monument, pour s’abandonner à une contemplation studieuse et profonde de l’édifice, afin de saisir le principe de l’indication du temps. Personnellement, en vingt minutes, j’ai toujours pas compris où se trouvait l’heure sur le cadran… Mais bon, tel Napoléon estomaqué face aux pyramides, je dirais “J’sais pas à quoi ça sert, mais au moins c’est bien beau!”.
À quelques pas de là, non loin du Hard Rock Cafe local et des pittoresques ruelles d’un autre âge qui strient la vieille ville, vous trouverez le pont Karlov. Un conseil, traversez-le la nuit… Les imposantes statues qui parsèment sa longueur trouvent un éclairage assez inquiétant une fois l’obscurité tombée. Un mélange saisissant entre les Gargoyles et les Gremlins, juché sur un fleuve au nom aussi imprononçable que terrifiant (: la Vlatva. Bon, disons que dans la bouche d’un Tchèque, ça sonnait angoissant. Ceci dit, même “Disneyland” sonnerait effrayant dans le même contexte). By the way, pour l’anecdote cassante, toutes les statues sont des répliques, les véritables étant soigneusement conservées au Château de la ville…
Le Château de Prague! Une heure d’escaliers pentus, plus de 300 marches, des trous et des bosses, et puis, enfin, des panoramas, en veux-tu, plachtění*** :  voici résumée la visite de l’un des monuments les plus emblématiques de la cité de l’Est. Néanmoins, il convient de dire que l’escalade en vaut la chandelle, tant la vue sur la ville est imprenable. En sortant, n’oubliez pas de visiter la Golden Lane : une ruelle célèbre pour ses petites maisons trapues, dont l’une d’elle a accueilli le jeune Frank Kafka…
Dernière remarque, qui, malheureusement, n’est pas vraiment à mettre au crédit de la ville: l’occidentalisation est omniprésente. De la quinzaine de Starbucks aux vingtaines de MacDo, en passant par le Palladium, un centre commercial qui figure un curieux amalgame entre Macy’s, Harrods et le Bagger 288 (niveau impression de masse), on constate que l’influence de l’ex-bloc de l’Ouest est ubiquiste, pour citer Google Synonymes. Et c’est dommage, tant la ville possède un patrimoine architectural florissant… Et bien authentique.
*Bonjour ça va?
**Crétin, tes billets! (légère exagération…)
*** En voilà!

PRAGUE

Photo : Eglise Notre-Dame de Tyn

Dobrý den, jak se máš?*   Ah, oui. N’espérez en effet en aucun cas saisir les subtilités de l’idiome de Kafka de manière innée. Si l’Italien vous alpague joyeusement à la mélodie du He ciao amico come va?, le Tchèque vous toise de son oeil borgne et éructe un Krèten,vstupenky prosím!** dont ni la calligraphie, ni la mélodie ne vous permet de saisir un once de sens commun. Et c’est parfois tant mieux. Heureusement pour les touristes, la plupart des indications sont traduites également en anglais (parfois tout aussi approximatif…).

Première étape à ne pas manquer: la vieille cité et sa Place de l’hôtel de ville. On y retrouve, entourée d’une multitude de façades pastel, l’éminente horloge astronomique qui fait la fierté des Praguois. Bon, en soi, c’est moins freaky awesome que Big Ben niveau taille et charisme général. Cependant, le mécanisme curieux de la structure pousse le visiteur lambda à s’arrêter quelques temps devant le monument, pour s’abandonner à une contemplation studieuse et profonde de l’édifice, afin de saisir le principe de l’indication du temps. Personnellement, en vingt minutes, j’ai toujours pas compris où se trouvait l’heure sur le cadran… Mais bon, tel Napoléon estomaqué face aux pyramides, je dirais “J’sais pas à quoi ça sert, mais au moins c’est bien beau!”.

À quelques pas de là, non loin du Hard Rock Cafe local et des pittoresques ruelles d’un autre âge qui strient la vieille ville, vous trouverez le pont Karlov. Un conseil, traversez-le la nuit… Les imposantes statues qui parsèment sa longueur trouvent un éclairage assez inquiétant une fois l’obscurité tombée. Un mélange saisissant entre les Gargoyles et les Gremlins, juché sur un fleuve au nom aussi imprononçable que terrifiant (: la Vlatva. Bon, disons que dans la bouche d’un Tchèque, ça sonnait angoissant. Ceci dit, même “Disneyland” sonnerait effrayant dans le même contexte). By the way, pour l’anecdote cassante, toutes les statues sont des répliques, les véritables étant soigneusement conservées au Château de la ville…

Le Château de Prague! Une heure d’escaliers pentus, plus de 300 marches, des trous et des bosses, et puis, enfin, des panoramas, en veux-tu, plachtění*** :  voici résumée la visite de l’un des monuments les plus emblématiques de la cité de l’Est. Néanmoins, il convient de dire que l’escalade en vaut la chandelle, tant la vue sur la ville est imprenable. En sortant, n’oubliez pas de visiter la Golden Lane : une ruelle célèbre pour ses petites maisons trapues, dont l’une d’elle a accueilli le jeune Frank Kafka…

Dernière remarque, qui, malheureusement, n’est pas vraiment à mettre au crédit de la ville: l’occidentalisation est omniprésente. De la quinzaine de Starbucks aux vingtaines de MacDo, en passant par le Palladium, un centre commercial qui figure un curieux amalgame entre Macy’s, Harrods et le Bagger 288 (niveau impression de masse), on constate que l’influence de l’ex-bloc de l’Ouest est ubiquiste, pour citer Google Synonymes. Et c’est dommage, tant la ville possède un patrimoine architectural florissant… Et bien authentique.

*Bonjour ça va?

**Crétin, tes billets! (légère exagération…)

*** En voilà!

NEW-YORK
Photo : vue de l’Empire State Building
Premier constat en posant le pied sur le tarmac de JFK : “eleven Fahrenheit” n’est pas une traduction approximative de “onze degrés”. En cette fin de janvier, les températures new-yorkaises avoisinent les -12°C, et un vent coupant à souhait fait passer l’hiver ardennais pour une franche rigolade au coin du barbecue. Mais l’impatience de découvrir la capitale du monde prend vite le dessus sur les tremblements… Et c’est sans aucune stupeur que nous embarquons dans le métro direction Manhattan.
Au sortir de la rame, précisément au croisement de la 33e rue et de la 4e avenue, l’effet est saisissant. Car si, à la base, l’île de Manhattan a été achetée pour 60 florins par un habitant de Lasne aux Indiens autochtones, on ne peut pas vraiment dire que les deux localités aient évolué de la même façon. Ici, tout est grand : les immeubles, les enseignes, les magasins, les routes, les trous dans les routes, les voitures qui roulent dans les trous des routes, les policemen qui arrêtent les voitures qui roulent dans les trous des routes, et, surtout, la quantité de nourriture présente dans un seul plat. A ce propos, il est directement plus aisé de comprendre le cliché des american fatties en constatant que, pour 5$ sur la 6e avenue, on peut s’offrir l’équivalent de trois maxi-menus et boissons à volonté au Quick de Waterloo. 
Autre considération marquante : marcher dans New-York, c’est avoir l’impression de jouer dans un film.Quand on déguste un bretzel (oxymore?) dans les travées de Central Park, on se croirait dans le dernier Woody Allen. Quand on déambule sur la 5e avenue et ses enseignes ultra-classieuses, on s’attend presque à voir débouler Carrie Bradshaw et sa bouche en forme de cintre. Quand on visite la bibliothèque de la ville, on imagine la mer s’engouffrer dans les rues et un bateau s’immobiliser en face du porche d’entrée. Mais l’épisode le plus extraordinaire reste sans doute la visite du Top of the Rocks en pleine nuit… Autant la Grosse Pomme paraissait petite du haut de l’Empire State Building en pleine journée, autant elle apparaît hallucinante vue du sommet du Rockfeller Center le soir venu. Objectivement, on pourrait comparer la vision de ces immeubles qui semblent décuplés, toutes lumières allumées au coeur de la nuit new-yorkaise, à un trip sous LSD dans un magasin de néons. Tout simplement fascinant.
Une dernière remarque avant de conclure : allez prendre un cocktail au restaurant The View, qui occupe le dernier étage du Marriot sur Times Square. La vue y est imprenable, et surtout, l’espace du restaurant tourne sur lui-même, de façon a donner une vue panoramique de la ville. Le privilège a un prix : plus de 20 euros le cocktail… Mais l’atmosphère y est réellement exceptionnelle. Par contre laissez-vous le temps de digérer avant de reprendre l’ascenseur tubulaire ultra-rapide pour redescendre : la pression est telle que l’estomac a tendance à vouloir remonter l’œsophage pour apprécier la vue.

NEW-YORK

Photo : vue de l’Empire State Building

Premier constat en posant le pied sur le tarmac de JFK : “eleven Fahrenheit” n’est pas une traduction approximative de “onze degrés”. En cette fin de janvier, les températures new-yorkaises avoisinent les -12°C, et un vent coupant à souhait fait passer l’hiver ardennais pour une franche rigolade au coin du barbecue. Mais l’impatience de découvrir la capitale du monde prend vite le dessus sur les tremblements… Et c’est sans aucune stupeur que nous embarquons dans le métro direction Manhattan.

Au sortir de la rame, précisément au croisement de la 33e rue et de la 4e avenue, l’effet est saisissant. Car si, à la base, l’île de Manhattan a été achetée pour 60 florins par un habitant de Lasne aux Indiens autochtones, on ne peut pas vraiment dire que les deux localités aient évolué de la même façon. Ici, tout est grand : les immeubles, les enseignes, les magasins, les routes, les trous dans les routes, les voitures qui roulent dans les trous des routes, les policemen qui arrêtent les voitures qui roulent dans les trous des routes, et, surtout, la quantité de nourriture présente dans un seul plat. A ce propos, il est directement plus aisé de comprendre le cliché des american fatties en constatant que, pour 5$ sur la 6e avenue, on peut s’offrir l’équivalent de trois maxi-menus et boissons à volonté au Quick de Waterloo. 

Autre considération marquante : marcher dans New-York, c’est avoir l’impression de jouer dans un film.Quand on déguste un bretzel (oxymore?) dans les travées de Central Park, on se croirait dans le dernier Woody Allen. Quand on déambule sur la 5e avenue et ses enseignes ultra-classieuses, on s’attend presque à voir débouler Carrie Bradshaw et sa bouche en forme de cintre. Quand on visite la bibliothèque de la ville, on imagine la mer s’engouffrer dans les rues et un bateau s’immobiliser en face du porche d’entrée. Mais l’épisode le plus extraordinaire reste sans doute la visite du Top of the Rocks en pleine nuit… Autant la Grosse Pomme paraissait petite du haut de l’Empire State Building en pleine journée, autant elle apparaît hallucinante vue du sommet du Rockfeller Center le soir venu. Objectivement, on pourrait comparer la vision de ces immeubles qui semblent décuplés, toutes lumières allumées au coeur de la nuit new-yorkaise, à un trip sous LSD dans un magasin de néons. Tout simplement fascinant.

Une dernière remarque avant de conclure : allez prendre un cocktail au restaurant The View, qui occupe le dernier étage du Marriot sur Times Square. La vue y est imprenable, et surtout, l’espace du restaurant tourne sur lui-même, de façon a donner une vue panoramique de la ville. Le privilège a un prix : plus de 20 euros le cocktail… Mais l’atmosphère y est réellement exceptionnelle. Par contre laissez-vous le temps de digérer avant de reprendre l’ascenseur tubulaire ultra-rapide pour redescendre : la pression est telle que l’estomac a tendance à vouloir remonter l’œsophage pour apprécier la vue.

ISTANBUL
Photo: Mosquée bleue
J’ai envie de dire “c’est Byzance”. Ou Constantinople. Enfin, pour le moment c’est surtout Istanbul. Nichée dans un coude du Bosphore, entre Europe et Asie, la vieille ville accueille les touristes avec un parfum d’Orient, mélange de baklavas, d’encens et de faux Polo Blue. Car avant d’être l’une des plus belles cités orientales, Istanbul est aussi et surtout la Mecque de la contrefaçon (heu… Ou vice-versa). De ses ruelles pavées aux travées bondées du Grand Bazar, on vous racole pour des t-shirts, pulls, pantalons, chemises, vestes,… Le tout des plus grandes marques, mais de la plus médiocre qualité évidemment. Remarquez, ici, “made in Turkey” ne signifie pas forcément mauvaise fabrication, mais produit du pays. Ca vous change une vie.
Mais Istanbul, c’est aussi la mosquée Sainte-Sophie. Ancienne basilique romaine, elle est aujourd’hui devenue un lieu de culte musulman. Ce qui donne l’occasion d’y voir s’y côtoyer symboles chrétiens et représentations islamiques… Un amalgame étrange, qui confère à l’ensemble un côté mystique et mystérieux. Enfin bon, ceci dit, le contexte doit jouer aussi. J’imagine que si l’église de Godarville devait se parer de l’un ou l’autre croissant étoilé, cela sonnerait directement moins “Da Vinci Code”. Quoique, “Langdon et les Arcanes du Hainaut”, ça pourrait être un bon titre…
Istanbul, c’est aussi le dépaysement total. Pas de buildings de grande taille, pas de costumes-cravates dans les rues (parfois pas vraiment de rue non plus), pas de téléphones sonnant à tout-va… Mais par contre, des chats. En tous lieux, en tout temps. Il existe à ce propos un proverbe stambouliote voulant que toute personne tuant un chat doive bâtir une mosquée pour se faire pardonner. Vu la foison de minarets dans la cité et le nombre de félins déambulant à leur aise dans les espaces publics, ça doit sans doute être vrai.
Istanbul, c’est enfin une ambiance chaleureuse et légère à la fois, des autochtones dont la sympathie tord allégrement le cou à certains clichés passéistes, des paysages et des constructions qui subjuguent nos yeux d’Occidentaux… Et une prière monocorde diffusée trois fois par jour à travers les haut-parleurs de la ville. On pourrait croire que les citadins muslims s’arrêtent alors tous à ce moment-là pour sortir leur tapis de poche et se prosterner en direction de la Mecque, mais non. Les mentalités évoluent, et le bruit parfois saturé des psalmodies de l’Imam ressemble, à la longue, de plus en plus aux éructations des ferrailleurs hennuyers. En gros, on sait que quelque chose se passe, mais on préfère faire semblant de ne pas l’entendre.
Ha, et n’oubliez pas de visiter l’imposante coupole de la Mosquée bleue! Un lieu ultra prisé des touristes, au patronyme fleurant bon l’azur du ciel stambouliote. Enfin, ceci dit, elle n’est absolument pas bleue mais plutôt grise type “Borinage en novembre”… Un oxymore orientaliste, sans doute.

ISTANBUL

Photo: Mosquée bleue

J’ai envie de dire “c’est Byzance”. Ou Constantinople. Enfin, pour le moment c’est surtout Istanbul. Nichée dans un coude du Bosphore, entre Europe et Asie, la vieille ville accueille les touristes avec un parfum d’Orient, mélange de baklavas, d’encens et de faux Polo Blue. Car avant d’être l’une des plus belles cités orientales, Istanbul est aussi et surtout la Mecque de la contrefaçon (heu… Ou vice-versa). De ses ruelles pavées aux travées bondées du Grand Bazar, on vous racole pour des t-shirts, pulls, pantalons, chemises, vestes,… Le tout des plus grandes marques, mais de la plus médiocre qualité évidemment. Remarquez, ici, “made in Turkey” ne signifie pas forcément mauvaise fabrication, mais produit du pays. Ca vous change une vie.

Mais Istanbul, c’est aussi la mosquée Sainte-Sophie. Ancienne basilique romaine, elle est aujourd’hui devenue un lieu de culte musulman. Ce qui donne l’occasion d’y voir s’y côtoyer symboles chrétiens et représentations islamiques… Un amalgame étrange, qui confère à l’ensemble un côté mystique et mystérieux. Enfin bon, ceci dit, le contexte doit jouer aussi. J’imagine que si l’église de Godarville devait se parer de l’un ou l’autre croissant étoilé, cela sonnerait directement moins “Da Vinci Code”. Quoique, “Langdon et les Arcanes du Hainaut”, ça pourrait être un bon titre…

Istanbul, c’est aussi le dépaysement total. Pas de buildings de grande taille, pas de costumes-cravates dans les rues (parfois pas vraiment de rue non plus), pas de téléphones sonnant à tout-va… Mais par contre, des chats. En tous lieux, en tout temps. Il existe à ce propos un proverbe stambouliote voulant que toute personne tuant un chat doive bâtir une mosquée pour se faire pardonner. Vu la foison de minarets dans la cité et le nombre de félins déambulant à leur aise dans les espaces publics, ça doit sans doute être vrai.

Istanbul, c’est enfin une ambiance chaleureuse et légère à la fois, des autochtones dont la sympathie tord allégrement le cou à certains clichés passéistes, des paysages et des constructions qui subjuguent nos yeux d’Occidentaux… Et une prière monocorde diffusée trois fois par jour à travers les haut-parleurs de la ville. On pourrait croire que les citadins muslims s’arrêtent alors tous à ce moment-là pour sortir leur tapis de poche et se prosterner en direction de la Mecque, mais non. Les mentalités évoluent, et le bruit parfois saturé des psalmodies de l’Imam ressemble, à la longue, de plus en plus aux éructations des ferrailleurs hennuyers. En gros, on sait que quelque chose se passe, mais on préfère faire semblant de ne pas l’entendre.

Ha, et n’oubliez pas de visiter l’imposante coupole de la Mosquée bleue! Un lieu ultra prisé des touristes, au patronyme fleurant bon l’azur du ciel stambouliote. Enfin, ceci dit, elle n’est absolument pas bleue mais plutôt grise type “Borinage en novembre”… Un oxymore orientaliste, sans doute.

BARCELONE
Photo : Sagrada Familia 
Que vous évoque Barcelone? Une équipe de liga dominant outrageusement l’horizon européen - voire mondial? Une chanson du regretté Freddie Mercury? Le berceau de l’inimitable Antonio Gaudì ? Un port clinquant et cosmopolite? Ou bien la Rambla et son cortège d’imitateurs-artistes dont le talent peut tout aussi bien atteindre les cimes du mime que creuser sous les racines du style?…
Barcelone, c’est un avant tout un musée à ciel ouvert. Des ruelles étroites du quartier gothique à la large avenue de la Rambla descendant vers le port, tout est prétexte à émerveillement architectural. Ou étonnement. Il est ainsi possible d’y admirer des constructions gaudiesques assez déroutantes… Imaginez-vous un amalgame assez barré entre les huttes des schtroumpfs, l’Empire State Building et les grottes afghanes. Dit comme cela, il est évident que cela semble troublant. Et pourtant, le mélange est (a)typique, piquant et fascinant. D’autant plus que ces immeubles au ton décalé se retrouvent souvent nichés entre des constructions plus traditionnelles. Comme si la cathédrale Saint-Patrick se retrouvait au milieu de la 5e avenue! Ah Ah! Ah ben, c’est le cas en fait…
Impossible d’évoquer Gaudì sans parler de sa Sacrée Famille. Derrière ce patronyme étrange se trouve le Temple Expiatori de la Sagrada Família, dont le nom est, vous en conviendrez, instantanément plus évocateur. Cette basilique, dont le style architectural oscille constamment entre modernisme spatio-gothique et délire psycho-hallucinatoire, est l’un des monuments emblématiques de la ville. La légende veut que l’édifice ne soit jamais entièrement achevé… Ce que nous avons pu constater, au vu de l’amas inextricable d’échafaudages, de pierres éparses et d’ouvriers casque sur la tête qui encombraient l’intérieur de la basilique. D’ailleurs, 11 euros pour voir un chantier continuellement en travaux, autant se rendre à Charleroi et visiter les 80% de la ville qui sont en perpétuelle voie de reconstruction…
Notons en outre que, pour les aquariophiles, il y a possibilité de visiter un aquarium géant au bout de l’esplanade du port, avec des requins argentés, des hippocampes dorés et toute une séries d’autres poissons à l’écaille bling-bling. Personnellement, cela ne rentre pas dans mes intérêts principaux, mais l’endroit vaut tout de même le détour… Par contre, pour les amateurs d’architecture, il ne faut absolument pas manquer le Poble Espanyol, un village-reconstitution des différents styles architecturaux catalans à travers les époques… Une espèce de maquette, mais en taille réelle (…si, si.).
Enfin, si votre coeur vibre aux exploits des blaugranas, n’hésitez pas à aller visiter le Camp Nou. Musées, boutiques officielles et souvenirs en tout genre allègeront autant votre portefeuille que les tapas et autres churros auront alourdi votre estomac…

BARCELONE

Photo : Sagrada Familia 

Que vous évoque Barcelone? Une équipe de liga dominant outrageusement l’horizon européen - voire mondial? Une chanson du regretté Freddie Mercury? Le berceau de l’inimitable Antonio Gaudì ? Un port clinquant et cosmopolite? Ou bien la Rambla et son cortège d’imitateurs-artistes dont le talent peut tout aussi bien atteindre les cimes du mime que creuser sous les racines du style?…

Barcelone, c’est un avant tout un musée à ciel ouvert. Des ruelles étroites du quartier gothique à la large avenue de la Rambla descendant vers le port, tout est prétexte à émerveillement architectural. Ou étonnement. Il est ainsi possible d’y admirer des constructions gaudiesques assez déroutantes… Imaginez-vous un amalgame assez barré entre les huttes des schtroumpfs, l’Empire State Building et les grottes afghanes. Dit comme cela, il est évident que cela semble troublant. Et pourtant, le mélange est (a)typique, piquant et fascinant. D’autant plus que ces immeubles au ton décalé se retrouvent souvent nichés entre des constructions plus traditionnelles. Comme si la cathédrale Saint-Patrick se retrouvait au milieu de la 5e avenue! Ah Ah! Ah ben, c’est le cas en fait…

Impossible d’évoquer Gaudì sans parler de sa Sacrée Famille. Derrière ce patronyme étrange se trouve le Temple Expiatori de la Sagrada Família, dont le nom est, vous en conviendrez, instantanément plus évocateur. Cette basilique, dont le style architectural oscille constamment entre modernisme spatio-gothique et délire psycho-hallucinatoire, est l’un des monuments emblématiques de la ville. La légende veut que l’édifice ne soit jamais entièrement achevé… Ce que nous avons pu constater, au vu de l’amas inextricable d’échafaudages, de pierres éparses et d’ouvriers casque sur la tête qui encombraient l’intérieur de la basilique. D’ailleurs, 11 euros pour voir un chantier continuellement en travaux, autant se rendre à Charleroi et visiter les 80% de la ville qui sont en perpétuelle voie de reconstruction…

Notons en outre que, pour les aquariophiles, il y a possibilité de visiter un aquarium géant au bout de l’esplanade du port, avec des requins argentés, des hippocampes dorés et toute une séries d’autres poissons à l’écaille bling-bling. Personnellement, cela ne rentre pas dans mes intérêts principaux, mais l’endroit vaut tout de même le détour… Par contre, pour les amateurs d’architecture, il ne faut absolument pas manquer le Poble Espanyol, un village-reconstitution des différents styles architecturaux catalans à travers les époques… Une espèce de maquette, mais en taille réelle (…si, si.).

Enfin, si votre coeur vibre aux exploits des blaugranas, n’hésitez pas à aller visiter le Camp Nou. Musées, boutiques officielles et souvenirs en tout genre allègeront autant votre portefeuille que les tapas et autres churros auront alourdi votre estomac…

ROME
Photo : Colonne de Trajan
Rome est à sa région ce que l’observatoire d’Hiroshima était à sa ville : un épicentre historique préservé au milieu de ruines… Ou presque. Les abords de la ville éternelle pêchent en effet par leur aspect miséreux : des terrains vagues, des voitures abandonnées, de grandes constructions impersonnelles… Et puis, tout d’un coup, comme si l’on pénétrait dans un nouvel espace-temps, les façades décrépies font place à un foisonnement sans pareil d’édifices antiques massifs et imposants. Un peu comme si l’on se retrouvait, sans prévenir, face au Panthéon en plein Droixhe. Assez déroutant.
Première étape à ne surtout pas manquer : le Colisée. Cette grande cuvette à moitié détruite fascine par sa stature, et l’on imagine aisément l’ambiance des grands soirs antiques, où, dans la moiteur et l’excitation, les gladiateurs se tranchaient la gorge pendant que les captifs de guerre se faisaient dévorer par les lions de l’Empereur. C’est sûr, chez les Romains, on savait se marrer. Mais en fait, cet humour décalé n’a pas entièrement disparu : il suffit de voir les hordes de gladiateurs bedonnants, visage émacié, en casque de carton et bouclier de plastique engrener les touristes à prendre une photo en leur compagnie pour quelques sesterces . Un véritable spectacle sarcastique, entre Life of Brian et Very Bad Trip.
Ensuite, direction le château Saint-Ange, et derrière l’austère construction, une longue via pavée. Au bout, le Vatican et la Basilique Saint-Pierre, dont la construction, rappelons-le, a été financée par la vente d’indulgences au XVIe siècle. Et quand on voit la débauche d’or, d’argent, de verre, de peintures, de vitraux,… qui parsèment les couloirs et autres nefs de l’édifice, on se rend compte que les émissaires divins de l’époque s’y connaissaient quand même pas mal niveau marketing.
Ha, et avant de partir, un petit tour par la colonne de Trajan, dont les caractères ont fixé à jamais la typographie occidentale. Les Romains estimaient que des signes gravés dans la pierre ne pouvaient jamais s’altérer… Si cela peut paraître bien réfléchi, il faut aussi signaler qu’il croyaient la terre plate, qu’ils sacrifiaient des esclaves à Jupiter et qu’ils organisaient des orgies gargantuesques dans les catacombes de la ville. Finalement, étaient-ils fous, ces Romains?

ROME

Photo : Colonne de Trajan

Rome est à sa région ce que l’observatoire d’Hiroshima était à sa ville : un épicentre historique préservé au milieu de ruines… Ou presque. Les abords de la ville éternelle pêchent en effet par leur aspect miséreux : des terrains vagues, des voitures abandonnées, de grandes constructions impersonnelles… Et puis, tout d’un coup, comme si l’on pénétrait dans un nouvel espace-temps, les façades décrépies font place à un foisonnement sans pareil d’édifices antiques massifs et imposants. Un peu comme si l’on se retrouvait, sans prévenir, face au Panthéon en plein Droixhe. Assez déroutant.

Première étape à ne surtout pas manquer : le Colisée. Cette grande cuvette à moitié détruite fascine par sa stature, et l’on imagine aisément l’ambiance des grands soirs antiques, où, dans la moiteur et l’excitation, les gladiateurs se tranchaient la gorge pendant que les captifs de guerre se faisaient dévorer par les lions de l’Empereur. C’est sûr, chez les Romains, on savait se marrer. Mais en fait, cet humour décalé n’a pas entièrement disparu : il suffit de voir les hordes de gladiateurs bedonnants, visage émacié, en casque de carton et bouclier de plastique engrener les touristes à prendre une photo en leur compagnie pour quelques sesterces . Un véritable spectacle sarcastique, entre Life of Brian et Very Bad Trip.

Ensuite, direction le château Saint-Ange, et derrière l’austère construction, une longue via pavée. Au bout, le Vatican et la Basilique Saint-Pierre, dont la construction, rappelons-le, a été financée par la vente d’indulgences au XVIe siècle. Et quand on voit la débauche d’or, d’argent, de verre, de peintures, de vitraux,… qui parsèment les couloirs et autres nefs de l’édifice, on se rend compte que les émissaires divins de l’époque s’y connaissaient quand même pas mal niveau marketing.

Ha, et avant de partir, un petit tour par la colonne de Trajan, dont les caractères ont fixé à jamais la typographie occidentale. Les Romains estimaient que des signes gravés dans la pierre ne pouvaient jamais s’altérer… Si cela peut paraître bien réfléchi, il faut aussi signaler qu’il croyaient la terre plate, qu’ils sacrifiaient des esclaves à Jupiter et qu’ils organisaient des orgies gargantuesques dans les catacombes de la ville. Finalement, étaient-ils fous, ces Romains?

LONDRES
Photo : Big Ben
L’Underground, Big Ben, le London Eye, Piccadily Circus, les Double-Decks, les pubs, Soho, Le British Museum,  Buckingham Palace,… La capitale anglaise ne vole pas sa réputation de  carrefour éco-culturelo-technico-historico-festif de l’Europe. Trois pints de Guiness (comment ça c’est irlandais?), chaudes et plates à souhait, et nous voici partis à travers le fog londonien…
Première observation: l’Anglais ne parle pas anglais. Il jacte de  manière effrénée, crache ses mots et mâchonne ses phrases dans un patois  à peine compréhensible. Mais bon, il a l’air sympa (enfin, on suppose).  Deuxième observation: Big Ben n’est pas si Big qu’on pourrait le  croire. Nichée dans un coin de l’abbaye de Westminster, l’emblématique  horloge paraît plus petite que ce que l’on peut voir dans les  traditionnels guides de voyage… Ceci dit, cela n’altère en rien la  qualité de l’ouvrage : la tour figure un fantastique mélange entre  Breitling et Notre-Dame. La qualité anglaise couplée à la finition  anglicane, un (too?) must.
A quelques yards de là, le London Eye. Non pas de globe  oculaire géant aux couleurs de l’Union Jack, mais bien une grande roue  aux dimensions exceptionnelles, au bord de la Tamise et de ses eaux  froides. La vue est fantastique: on peut notamment y apercevoir la  “Testicule de Verre” (surnom donné par l’ancien maire de Londres, Ken  Livingstone, à l’Hôtel de ville) et le chic quartier des affaires, dont  la Swiss Tower rappelle étrangement un attribut proche du Glass Testicle…  Un peu plus loin, c’est la célèbre Tour de Londres qui se dessine dans  la brume, accompagnée de sa panacée de corbeaux. Il existe une légende  selon laquelle quiconque abattrait les précieux volatiles précipiterait  le royaume à sa perte. Les sombres piafs y sont donc traités avec un  soin tout britannique (au vu du petit-déjeuner proposé à l’hôtel,  doit-on les plaindre?).
Autre lieu atypique du Grand Londres: Camden Town. Si le nom du  quartier vous évoque le patronyme du pasteur dans “7th Heaven - 7 à la  maison”, vous risquez d’être étonnés. Les rues aux habitations colorées  et aux artworks jaillissant des murs abritent en effet le berceau de la  culture punk londonienne : des ateliers de tatouages, des vendeurs de  champignons, des peintres sur chair, des shops où se procurer  ceinture à clous, bracelets à clous et autres objets à clous que la  décence nous oblige à taire, etc. Une bouffée d’air aux relents  illicites dans une atmosphère complètement décalée, qui fait figure  d’endroit à ne manquer sous aucun prétexte.
PS: n’oubliez pas le British Museum, dont le prestige des  collections n’a d’égal que la complexité de sa topographie. Quatre  heures de visite pour une heure à retrouver la sortie : that’s it, comme dirait sa Majesté.

LONDRES

Photo : Big Ben

L’Underground, Big Ben, le London Eye, Piccadily Circus, les Double-Decks, les pubs, Soho, Le British Museum, Buckingham Palace,… La capitale anglaise ne vole pas sa réputation de carrefour éco-culturelo-technico-historico-festif de l’Europe. Trois pints de Guiness (comment ça c’est irlandais?), chaudes et plates à souhait, et nous voici partis à travers le fog londonien…

Première observation: l’Anglais ne parle pas anglais. Il jacte de manière effrénée, crache ses mots et mâchonne ses phrases dans un patois à peine compréhensible. Mais bon, il a l’air sympa (enfin, on suppose). Deuxième observation: Big Ben n’est pas si Big qu’on pourrait le croire. Nichée dans un coin de l’abbaye de Westminster, l’emblématique horloge paraît plus petite que ce que l’on peut voir dans les traditionnels guides de voyage… Ceci dit, cela n’altère en rien la qualité de l’ouvrage : la tour figure un fantastique mélange entre Breitling et Notre-Dame. La qualité anglaise couplée à la finition anglicane, un (too?) must.

A quelques yards de là, le London Eye. Non pas de globe oculaire géant aux couleurs de l’Union Jack, mais bien une grande roue aux dimensions exceptionnelles, au bord de la Tamise et de ses eaux froides. La vue est fantastique: on peut notamment y apercevoir la “Testicule de Verre” (surnom donné par l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, à l’Hôtel de ville) et le chic quartier des affaires, dont la Swiss Tower rappelle étrangement un attribut proche du Glass Testicle… Un peu plus loin, c’est la célèbre Tour de Londres qui se dessine dans la brume, accompagnée de sa panacée de corbeaux. Il existe une légende selon laquelle quiconque abattrait les précieux volatiles précipiterait le royaume à sa perte. Les sombres piafs y sont donc traités avec un soin tout britannique (au vu du petit-déjeuner proposé à l’hôtel, doit-on les plaindre?).

Autre lieu atypique du Grand Londres: Camden Town. Si le nom du quartier vous évoque le patronyme du pasteur dans “7th Heaven - 7 à la maison”, vous risquez d’être étonnés. Les rues aux habitations colorées et aux artworks jaillissant des murs abritent en effet le berceau de la culture punk londonienne : des ateliers de tatouages, des vendeurs de champignons, des peintres sur chair, des shops où se procurer ceinture à clous, bracelets à clous et autres objets à clous que la décence nous oblige à taire, etc. Une bouffée d’air aux relents illicites dans une atmosphère complètement décalée, qui fait figure d’endroit à ne manquer sous aucun prétexte.

PS: n’oubliez pas le British Museum, dont le prestige des collections n’a d’égal que la complexité de sa topographie. Quatre heures de visite pour une heure à retrouver la sortie : that’s it, comme dirait sa Majesté.

MADRID
Photo : Palacio Real
Ola que tal? Bien, sortez les tapas et la San Miguel! Pour cette visite dans la capitale espagnole, le premier arrêt est Madrid-Barajas et ses couloirs de sortie kilométriques… Si l’Espagnol n’est pas vraiment pressé, le Belge n’a plutôt pas intérêt à l’être non plus, vu le temps qu’il faut pour sortir de l’aéroport. Enfin, quelques churros pour passer le temps dans le métro, et l’attente est vite oubliée… Premier arrêt, la Puerta del Sol, bien avant qu’elle ne soit occupée par les Indignados.
La place est spacieuse, les terrasses bien remplies, et les rues fourmillent d’Espagnols au teint hâlé et à l’allure peu pressée. Il est 15h, et ils ne doivent manifestement pas avoir les mêmes rythmes de travail qu’en Belgique… Mais c’est tant mieux! L’ambiance est à la détente, et on se surprend à commander une “Sangria Real” pour entamer l’après-midi. Ici, pas de cubi à 3euros le litre : le breuvage est réalisé devant nous, avec du vin et du cognac bien tassé. On commence à comprendre pourquoi les autochtones n’ont pas l’air si pressés de retourner au bureau..
Non loin de là, la gare d’Atocha. Tristement célèbre pour les attentats de mars 2004, l’édifice a cependant d’autres atouts pour se faire connaître. Notamment un jardin tropical au milieu du hall central. Mais attention. La plantation ressemble plus aux serres de Laeken version Rio qu’au potager de Mamy, et il est impossible d’y pénétrer tant la végétation est dense.
À quelques encablures de là, on retrouve le musée de la Reine Sofia. Célèbre pour ses collections surréalistes et modernes, il donne aux voyageurs impénitents l’occasion de contempler l’une des œuvres magistrales de Pablo Picasso : Guernica. Si vous avez été soufflé par les 70x50 cm de la Joconde au Louvre, préparez-vous à vous envoler : la toile, peinte à l’huile, mesure plus de sept mètres sur quatre. Autant dire qu’on se la prend en pleine figure dès que l’on pénètre la salle où elle est exposée… Et c’est sans doute ce que Picasso, angoissé par les affres de la guerre civile et le bombardement de la petite ville basque, voulait : créer une oeuvre tellement imposante qu’on a l’impression d’être écrasé par sa contemplation. Plutôt réussi.
Avant de quitter Madrid, n’hésitez pas à visiter le palais royal, l’un des édifices les plus massifs de la capitale, à l’intérieur précieux et raffiné. Enfin, il paraît. Il faut dire qu’en trois jours, la faute due à des horaires aussi variables qu’un baromètre ucclois en plein mois de mars, il a été impossible d’y pénétrer. Notre château en Espagne, en quelque sorte…

MADRID

Photo : Palacio Real

Ola que tal? Bien, sortez les tapas et la San Miguel! Pour cette visite dans la capitale espagnole, le premier arrêt est Madrid-Barajas et ses couloirs de sortie kilométriques… Si l’Espagnol n’est pas vraiment pressé, le Belge n’a plutôt pas intérêt à l’être non plus, vu le temps qu’il faut pour sortir de l’aéroport. Enfin, quelques churros pour passer le temps dans le métro, et l’attente est vite oubliée… Premier arrêt, la Puerta del Sol, bien avant qu’elle ne soit occupée par les Indignados.

La place est spacieuse, les terrasses bien remplies, et les rues fourmillent d’Espagnols au teint hâlé et à l’allure peu pressée. Il est 15h, et ils ne doivent manifestement pas avoir les mêmes rythmes de travail qu’en Belgique… Mais c’est tant mieux! L’ambiance est à la détente, et on se surprend à commander une “Sangria Real” pour entamer l’après-midi. Ici, pas de cubi à 3euros le litre : le breuvage est réalisé devant nous, avec du vin et du cognac bien tassé. On commence à comprendre pourquoi les autochtones n’ont pas l’air si pressés de retourner au bureau..

Non loin de là, la gare d’Atocha. Tristement célèbre pour les attentats de mars 2004, l’édifice a cependant d’autres atouts pour se faire connaître. Notamment un jardin tropical au milieu du hall central. Mais attention. La plantation ressemble plus aux serres de Laeken version Rio qu’au potager de Mamy, et il est impossible d’y pénétrer tant la végétation est dense.

À quelques encablures de là, on retrouve le musée de la Reine Sofia. Célèbre pour ses collections surréalistes et modernes, il donne aux voyageurs impénitents l’occasion de contempler l’une des œuvres magistrales de Pablo Picasso : Guernica. Si vous avez été soufflé par les 70x50 cm de la Joconde au Louvre, préparez-vous à vous envoler : la toile, peinte à l’huile, mesure plus de sept mètres sur quatre. Autant dire qu’on se la prend en pleine figure dès que l’on pénètre la salle où elle est exposée… Et c’est sans doute ce que Picasso, angoissé par les affres de la guerre civile et le bombardement de la petite ville basque, voulait : créer une oeuvre tellement imposante qu’on a l’impression d’être écrasé par sa contemplation. Plutôt réussi.

Avant de quitter Madrid, n’hésitez pas à visiter le palais royal, l’un des édifices les plus massifs de la capitale, à l’intérieur précieux et raffiné. Enfin, il paraît. Il faut dire qu’en trois jours, la faute due à des horaires aussi variables qu’un baromètre ucclois en plein mois de mars, il a été impossible d’y pénétrer. Notre château en Espagne, en quelque sorte…

MILAN
Photo : Il Duomo
Milano, son Dôme, son cimetière et sa gifle électorale à Berlu (remarquez que l’on peut faire une agrégation des trois quand, en décembre 2009, un Milanais révolté a lancé une statuette du Duomo à la figure du Cavaliere…). Une ville à taille humaine, où se côtoient les figures de mode à la Fashion week, et les footballeurs ennemis de l’AC et de l’Inter. D’ailleurs, premier conseil, si, dans un élan de candeur, vous décidiez d’aller voir le célèbre stade San Siro, et bien, n’y allez pas. Aucun métro ne dessert les environs de l’édifice qui, il faut l’avouer, rappellent plutôt les terrains vagues de Marcinelle que les fantastiques infrastructures du Camp Nou… Mais ceci est une autre histoire.
Milan, c’est donc le Dôme. Mais, en fait, ce n’est pas un dôme. C’est un Duomo qui n’a pas de dôme (vous suivez?). L’appellation vient en fait de l’ancien Italien, qui assimile au terme “dôme” toute construction à vocation religieuse. Ô étonnement pour nous donc, incultes primaires et surtout peu renseignés, au moment de débarquer sur la grand-place de la ville et de scruter l’horizon pour trouver toute boule rappelant la forme dômesque. Au lieu de cela, un immense édifice aux tours pointues. Ce n’est qu’après quelques longues minutes d’observation silencieuse, l’esprit aux aguets, que nous avons compris que le Duomo se dressait en face de nous. Comme quoi, même les faux amis existent en Italien… Les falsi amici sans doute. Enfin, je m’égare (comme face au Dôme, ah ah!).
Curiosité unique, le cimetière. Il faut rappeler que, pour moi qui suis fervent adepte des messes noires (mais alors jaune-rouge aussi), il s’agissait d’un site à ne pas manquer. Plus sérieusement, c’était effectivement ce que les guides touristiques en disaient…Mais encore une fois, si l’on se base sur le modèle du cimetière de Rosseignies où moins de 20 tombes s’entassent les unes sur les autres, c’était pas franchement évident comme choix de visite. Et pourtant… Des allées à n’en plus finir, des arbres, des bancs… Et des édifices mortuaires gigantesques, donnant l’impression de former une véritable cité des morts. Des caveaux surmontés de pyramides de plusieurs mètres de haut, des tombes familiales enfouies sous des reproductions de cathédrales où l’on pourrait célébrer des messes entières, un ossuaire de la taille d’une église au milieu de toutes ces constructions mortuaires… C’est sûr que, niveau culte des morts, les Italiens en tiennent une sacré couche. Plusieurs tombes ont d’ailleurs été érigées par des architectes, c’est dire si on blague avec le caveau à papy là-bas. Mais l’endroit vaut réellement le détour, d’autant plus que le bâtiment à l’entrée (large comme la basilique Saint-Pierre) contient les restes de Manzoni et Garibaldi, deux enfants du pays…
Dernière chose, ne manquez pas la Scala et ses tarifs avantageux! Nous, on l’a raté…

MILAN

Photo : Il Duomo

Milano, son Dôme, son cimetière et sa gifle électorale à Berlu (remarquez que l’on peut faire une agrégation des trois quand, en décembre 2009, un Milanais révolté a lancé une statuette du Duomo à la figure du Cavaliere…). Une ville à taille humaine, où se côtoient les figures de mode à la Fashion week, et les footballeurs ennemis de l’AC et de l’Inter. D’ailleurs, premier conseil, si, dans un élan de candeur, vous décidiez d’aller voir le célèbre stade San Siro, et bien, n’y allez pas. Aucun métro ne dessert les environs de l’édifice qui, il faut l’avouer, rappellent plutôt les terrains vagues de Marcinelle que les fantastiques infrastructures du Camp Nou… Mais ceci est une autre histoire.

Milan, c’est donc le Dôme. Mais, en fait, ce n’est pas un dôme. C’est un Duomo qui n’a pas de dôme (vous suivez?). L’appellation vient en fait de l’ancien Italien, qui assimile au terme “dôme” toute construction à vocation religieuse. Ô étonnement pour nous donc, incultes primaires et surtout peu renseignés, au moment de débarquer sur la grand-place de la ville et de scruter l’horizon pour trouver toute boule rappelant la forme dômesque. Au lieu de cela, un immense édifice aux tours pointues. Ce n’est qu’après quelques longues minutes d’observation silencieuse, l’esprit aux aguets, que nous avons compris que le Duomo se dressait en face de nous. Comme quoi, même les faux amis existent en Italien… Les falsi amici sans doute. Enfin, je m’égare (comme face au Dôme, ah ah!).

Curiosité unique, le cimetière. Il faut rappeler que, pour moi qui suis fervent adepte des messes noires (mais alors jaune-rouge aussi), il s’agissait d’un site à ne pas manquer. Plus sérieusement, c’était effectivement ce que les guides touristiques en disaient…Mais encore une fois, si l’on se base sur le modèle du cimetière de Rosseignies où moins de 20 tombes s’entassent les unes sur les autres, c’était pas franchement évident comme choix de visite. Et pourtant… Des allées à n’en plus finir, des arbres, des bancs… Et des édifices mortuaires gigantesques, donnant l’impression de former une véritable cité des morts. Des caveaux surmontés de pyramides de plusieurs mètres de haut, des tombes familiales enfouies sous des reproductions de cathédrales où l’on pourrait célébrer des messes entières, un ossuaire de la taille d’une église au milieu de toutes ces constructions mortuaires… C’est sûr que, niveau culte des morts, les Italiens en tiennent une sacré couche. Plusieurs tombes ont d’ailleurs été érigées par des architectes, c’est dire si on blague avec le caveau à papy là-bas. Mais l’endroit vaut réellement le détour, d’autant plus que le bâtiment à l’entrée (large comme la basilique Saint-Pierre) contient les restes de Manzoni et Garibaldi, deux enfants du pays…

Dernière chose, ne manquez pas la Scala et ses tarifs avantageux! Nous, on l’a raté…