PRAGUE
Photo : Eglise Notre-Dame de Tyn
Dobrý den, jak se máš?* Ah, oui. N’espérez en effet en aucun cas saisir les subtilités de l’idiome de Kafka de manière innée. Si l’Italien vous alpague joyeusement à la mélodie du He ciao amico come va?, le Tchèque vous toise de son oeil borgne et éructe un Krèten,vstupenky prosím!** dont ni la calligraphie, ni la mélodie ne vous permet de saisir un once de sens commun. Et c’est parfois tant mieux. Heureusement pour les touristes, la plupart des indications sont traduites également en anglais (parfois tout aussi approximatif…).
Première étape à ne pas manquer: la vieille cité et sa Place de l’hôtel de ville. On y retrouve, entourée d’une multitude de façades pastel, l’éminente horloge astronomique qui fait la fierté des Praguois. Bon, en soi, c’est moins freaky awesome que Big Ben niveau taille et charisme général. Cependant, le mécanisme curieux de la structure pousse le visiteur lambda à s’arrêter quelques temps devant le monument, pour s’abandonner à une contemplation studieuse et profonde de l’édifice, afin de saisir le principe de l’indication du temps. Personnellement, en vingt minutes, j’ai toujours pas compris où se trouvait l’heure sur le cadran… Mais bon, tel Napoléon estomaqué face aux pyramides, je dirais “J’sais pas à quoi ça sert, mais au moins c’est bien beau!”.
À quelques pas de là, non loin du Hard Rock Cafe local et des pittoresques ruelles d’un autre âge qui strient la vieille ville, vous trouverez le pont Karlov. Un conseil, traversez-le la nuit… Les imposantes statues qui parsèment sa longueur trouvent un éclairage assez inquiétant une fois l’obscurité tombée. Un mélange saisissant entre les Gargoyles et les Gremlins, juché sur un fleuve au nom aussi imprononçable que terrifiant (: la Vlatva. Bon, disons que dans la bouche d’un Tchèque, ça sonnait angoissant. Ceci dit, même “Disneyland” sonnerait effrayant dans le même contexte). By the way, pour l’anecdote cassante, toutes les statues sont des répliques, les véritables étant soigneusement conservées au Château de la ville…
Le Château de Prague! Une heure d’escaliers pentus, plus de 300 marches, des trous et des bosses, et puis, enfin, des panoramas, en veux-tu, plachtění*** : voici résumée la visite de l’un des monuments les plus emblématiques de la cité de l’Est. Néanmoins, il convient de dire que l’escalade en vaut la chandelle, tant la vue sur la ville est imprenable. En sortant, n’oubliez pas de visiter la Golden Lane : une ruelle célèbre pour ses petites maisons trapues, dont l’une d’elle a accueilli le jeune Frank Kafka…
Dernière remarque, qui, malheureusement, n’est pas vraiment à mettre au crédit de la ville: l’occidentalisation est omniprésente. De la quinzaine de Starbucks aux vingtaines de MacDo, en passant par le Palladium, un centre commercial qui figure un curieux amalgame entre Macy’s, Harrods et le Bagger 288 (niveau impression de masse), on constate que l’influence de l’ex-bloc de l’Ouest est ubiquiste, pour citer Google Synonymes. Et c’est dommage, tant la ville possède un patrimoine architectural florissant… Et bien authentique.
*Bonjour ça va?
**Crétin, tes billets! (légère exagération…)
*** En voilà!






